Pardon

Tout a commencé quand, après avoir échangé des brouettes de Reels gênants avec une amie juste pour se foutre de la gueule des gens, j’ai dit cette phrase « arf j’arrête, je suis en train de satelliser ce qui me reste de karma ». 

Même pour glousser à m’en filer des crampes pendant dix minutes en jugeant des beaufs danser comme des mutilés sur le Collectif Métissé, ça me ferait chier de passer à côté des trucs cools que la vie a gardé au chaud pour moi. 

Karma mon cul, pourtant hein. 

Je réalise que ça n’est qu’une expression d’humains borderline qui cherchent une bonne raison de mettre des limites à leurs élans assassins et leurs envies de lazzis. Si t’es méchant, il t’arrivera une merde, c’est le karma, c’est comme ça. 

Mais, nous savons tous, deep down, que ça n’existe pas et que le concept même de karma aurait fait ses preuves depuis bien longtemps s’il tenait la route un seul instant. Allez donc voir des parents dont l’enfant est en chimio pour leur toucher deux mots de vos théories karmiques et voir un peu ce qu’ils en pensent.

Mais quand même. En dette, dans le doute, dans le viseur du dieu des gentils, je me suis dit qu’il fallait que je fasse un truc pour réparer un peu la casse causée par mes sarcasmes, un truc comme un stage à points, mais pour le karma. De quoi passer les contrôles de (karma) police sans peine. 

Et si je disais pardon ? 

Pardon les gens sur qui je porte un jugement gratos. Promis, j’y bosse. 

Pardon Natacha d’avoir réussi à te convaincre de me laisser te couper les cheveux au carré l’autre soir alors qu’on avait bu trois bouteilles de Prosecco à deux.

Pardon Alice d’avoir volé ta bague Chloé, d’avoir enterré tes Barbies, d’avoir demandé à maman de t’abandonner (j’avais 4 ans), de t’avoir fait une tartine de wasabi en te vendant un avocado toast, d’avoir menacé ton chien de mort plusieurs fois dans ton dos (il pisse partout aussi).

Pardon Romy d’avoir jeté tes dents de lait, de crier pour rien, de te déposer à l’école dans tes tenues discutables, de t’avoir fait une frange de saltimbanque madrilène les cinq premières années de ta vie, de volontairement sauter des pages quand je te lis des histoires.

Pardon Monsieur Castex mais est-ce que vous pouvez répéter s’il vous plait ?

Pardon ceux avec qui j’ai déjà pu être un peu acide dans les mots, parfois c’est justifié, vous êtes cons, parfois c’est juste la faute au SPM. 

Pardon moi d’avoir oublié de t’aimer parfois.

Pardon Alexis, CE2 b, d’avoir écrit sur le tableau pendant la récré que tu mangeais tes crottes de nez. 

Pardon la vie d’avoir déjà pu douter de toi, tu es pourtant assez tendre avec moi. 

Pardon les gens que j’aime mais que j’ai mis en sourdine sur Instagram pour ne pas un jour lâcher la rampe et vous dire des choses qui blessent.

Pardon les agresseurs mais il faut que vous sachiez que votre empire d’impunis va tomber en javelle.

Pardon le poisson rouge de t’avoir empoisonné (sans faire exprès) à l’eau de javel. 

Pardon les féministes de l’extrême mais les poils comme du crin qui perforent le coton de la culotte on est sûres ?

Pardon si parfois je choque mais j’aime trop le second degré et pas tellement la censure.

Pardon mon égo de vouloir toujours chanter du Barbara dans les bars, bourrée. 

Pardon aux hommes victimes de mes débriefs au vitriol après un câlin raté alors qu’on dirait d’eux que ce sont de beaux enculés s’ils s’y amusaient. 

Pardon les femmes de ne pas être venue marcher avec vous le 8 mars pour défendre nos droits. J’étais en garde à vue après avoir tagué des slogans anti-misogynes dans la rue. Lol, faux, j’avais la flemme. 

Pardon les gens qui chutent si je ris alors que vous saignez. 

Pardon mon voisin d’avoir dit que tu chantais comme un sourd et muet.

Pardon les sourds et muets d’avoir dit que mon voisin chantait comme vous.

Pardon Marine d’avoir mis le morceau de boudin noir dans ta doudoune. 

Pardon d’avoir choisi cette photo.

Pardon à vous pour tous les mercredis où je vous ai fait faux bond.

Pardon mes cheveux pour cette fois où j’ai osé le faux blond. 

Pardon mon foie, il sait pourquoi.

Pardon mon cœur de t’avoir trop souvent écouté au détriment de ma raison. Ça fait du mal la passion.

Pardon mon cul pour le brie, le vin et les squats manqués.

Pardon ma chatte d’aimer quand ça, non rien. 

Pardon papa, pardon maman. 

Pardon de Benoist, Cauet, Bedos, Hanouna et Zemmour pour toutes les fois où j’ai dit du mal de vous. Non je déconne.

Pardon Ornella pour la dernière fois, tu sais.

Pardon les sdf à qui je ne donne pas d’argent, mais si je ne fais pas un tri arbitraire dans le don, je serais soon avec vous sous un pont. 

Pas drôle ? Pardon.

Pardon les roux. Je n’ai rien contre vous, c’est pour la blague. Même si vous sentez un peu mauvais, en vrai.

Pardon, je dois y aller, on m’attend pour manger des mezzés.

Pardon la police. 

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