J’ai déménagé

Certains d’entre vous n’auront pas échappé à la nouvelle : j’ai déménagé. Un évènement qui m’aura poussée à bafouer mes responsabilités les deux derniers mercredis, pardon, mais qui m’aura aussi donné envie d’en faire le post d’aujourd’hui. Parce que le déménagement, c’est un moment très important dans une vie. Mais c’est aussi et surtout une vague idée de ce que doit être l’enfer.

Le gros du chantier commence quand il faut faire les cartons. Et comme je suis de ces personnes qui ne se sentent jamais pressées par le temps, et qui même ont parfois l’impression de le dominer, je m’y suis mise à la dernière minute. L’avant-veille. Aussi parce que, je dois l’avouer, j’ai l’âme nostalgique et moins longtemps je vis au milieu des cartons, mieux mon petit cœur se porte. Du coup, j’ai passé 48 heures à ranger ma vie dans des cartons, dérouler du scotch et pleurer pour que la fin soit proche. 

J’ai réalisé deux choses assez folles. La première, qu’on accumule un nombre infini de petites merdes. La deuxième, que les cartons coutent plus cher que ce qu’on met dedans. Il s’est passé quoi avec le prix des cartons les gars ? j’ai loupé une info sur le cours du carton ? Que je comprenne. Pas peu fière de mon sens de la débrouille, j’ai passé une semaine à me pointer devant le Franprix de ma rue à la première heure pour récupérer leurs cartons avant qu’ils ne les foutent au fond de la benne. Ils m’ont dit que je leur rendais service, moi j’étais aux anges, la chaine du bonheur. 

Me voilà alors lancée dans un tri de tous les diables pour partir vivre ma nouvelle vie avec le moins d’affaires possible. Un conditionnement psychologique à base de Marie Kondo. Si on le fait en ayant l’impression qu’il s’agit d’un truc positif pour le développement personnel ça passe toujours mieux. 

Pour le grand jour, celui où des hommes à bras taillés mettent les meubles dans un camtar et te rendent l’existence plus douce, j’ai essayé l’application Frizbiz. C’est une amie qui m’en a parlé, ce sont des particuliers qui répondent à ton annonce et tu choisis la meilleure offre. Malin, en soi. Sauf que je n’ai visiblement pas été assez limpide dans le descriptif de la prestation demandée et au lieu de venir à 3 déménageurs ils sont venus à … 1. Un monsieur adorable, Antonio, adorable mais très seul. Et au lieu d’un camion, un utilitaire. 

Après être passée par toutes les émotions, surtout l’envie de boire une bouteille de détergent plutôt que d’affronter cette journée, ma sœur (qui a eu le bon goût de se bloquer le dos la veille), Natacha mon soleil et moi-même avons fait le déménagement. Avec Antonio le gars Frizbiz en chauffeur et en soutien physique quand il fallait porter des objets qui faisaient 3 fois notre poids. Mais à 3 meufs, on a fait le déménagement.

Morale de cette histoire, quand on n’a pas le choix, on y arrive. Et avoir porté un lit deux places au cinquième étage dans une cage d’escalier qui fait la largeur d’une cabine téléphonique a fait de moi une autre personne. J’ai geint presqu’autant qu’à mon accouchement mais ce que je retiens dans tout ça c’est que je n’ai pas besoin des hommes. Enfin pas trop. 

Il est vrai que j’ai appelé Etienne qui est venu avec Bouziane pour monter le buffet. Et que Adrien m’a accompagnée chercher mon frigo. Et que Cédric m’a installé les tringles. 

C’est d’ailleurs dans des moments comme les déménagements que l’on reconnait ses vrais amis. Ceux qui sont là pour t’aider dans les trucs les plus chiants de ta vie, quand il faut suer, puer, se faire mal. Parce que des potes chauds pour aller se jeter des grandes piscines de rosé en faisant des vannes sur Cyril Hanouna en vrai ça se trouve en un texto, ceux qui répondent présents dans les vraies galères se font plus rares. Je pose ça là. 

Je suis donc aujourd’hui dans mon nouvel appartement. (Je vous épargne le paragraphe sur la recherche d’un logement à Paris ou quand je me suis vue considérer l’option de vendre un organe sur le darknet pour avoir la tune de corrompre l’agent immobilier.)

Chelou comme période. J’ai l’impression de vivre chez quelqu’un qui n’est jamais là. 

Je repense à l’appartement dans lequel je vivais avant. Il me manque parfois, c’est dur en vrai de quitter un appartement non ? Alors je me rappelle le vieux sénile qui descendait en couche-culotte dans la cour, la gardienne sous neuroleptiques et le connard de voisin qui vivait les fenêtres ouvertes et chantait all day long aussi bien que je fais de la GRS. Et ça va mieux.

Je suis bien ici. J’ai une belle vue (vous allez en bouffer du skyporn, désolée par avance, j’aurais pu vous montrer ma salle de bain mais je ne sais pas si mon corps + mon portable rentrent dedans. La bonne nouvelle c’est que je peux faire pipi en me brossant les dents), j’ai des moulures au plafond, une cheminée et du beau parquet. J’ai même un ascenseur. Tombé en panne le jour du déménagement mais j’ai ascenseur.

J’apprends donc à m’approprier ce nouvel endroit qui est mon chez-moi. J’y vais mollo, je pose des vases et des bougies, j’essaie d’y passer du temps, je découvre mes voisins aussi. Un peuple disparate, une petite dame de 92 ans qui sent la rose, un fumeur de beuh qui sort uniquement pour vider ses poubelles, un jeune bizarre qui écoute Jeanne Mas en boucle et un couple qui ne fait des lessives qu’aux heures creuses, très creuses. Tellement creuses que je me laisse encore une semaine avant d’aller leur proposer de payer la différence sur la facture afin d’espérer dormir au-delà de 6h40. 

D’ici là je prie pour que la deuxième vague de confinement n’arrive jamais ou le plus tard possible et je profite de la vue. Et dans le pire des cas, ça me fera toujours des choses à vous raconter. 

3 commentaires

  1. Très beau porno de ciel, l’immensité d’une perspective bleutée vaut bien la minusculerie d’une salle de bain parisienne (qui porte mal son nom, car en lieu et place de « bain » il y a probablement une « « douche »). Bref, belle vie à toi dans ce nouvel espace, les débuts dans un endroit sont toujours maladroits, puis il finit par devenir nid et familier…

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