C’est la faute au confinement

Une faute de français se cache dans ce titre.
 
Je devrais bouillonner d’idées, d’humour limite, de cynisme, d’anecdotes, je devrais voir progresser ma verve par les lectures dont je me nourris depuis le jour 1 de cet enfermement mondial. Mais mon imagination et mon inspiration sont à l’image des 2,6 milliards de personnes dans le monde : confinées. 
 
Je dispose de temps pourtant, j’ai ici l’équivalent de 500 bouquins, je fais des grasses mat’ et je mange équilibré. Je peux aller me nourrir de l’humour des uns, de l’audace des autres. Je peux me cultiver, je peux méditer sur la pelouse dans le jardin. Je peux remplir ma bourse à sujets de mille manières possibles avec pour unique objectif de vous pondre un truc bien qualitatif le mercredi… Eh bah non. Niet. Nada. Nein. Votch. Nee. No. Né.
 
Si vous galérez à trouver du papier WC, c’est normal, ne cherchez plus, je crois qu’il s’est caché dans ma tête. Bien au chaud entre l’os frontal et l’occiput. Ma substance grise s’est fait la malle et a laissé place à des kilomètres de PQ blanc, vierge, au parfum de lavande. Et, de fait, tout ce qui en sort désormais peut potentiellement vous donner envie de vous torcher avec.
 
Hier, mercredi, je devais mettre en ligne mon post comme chaque semaine. Mais hier était une journée étrange. Une journée…mmm…de merde. Et au lieu de chercher à transformer cette énergie négative en quelque chose de positif comme le préconisent de nombreux ouvrages sur le développement personnel (que j’achète et que je lis mais que je vais brûler en rentrant à Paris), j’ai passé ma journée allongée sur mon lit à regarder des films de merde en mangeant des gâteaux de merde et en répétant à qui voulait bien l’entendre à quel point j’étais une merde. Quelque chose d’assez sain, constructif et bienveillant dans l’ensemble. 
 
Aujourd’hui est un jour meilleur. Le moral est là mais les idées sont au chômage partiel. Y’a pas de raisons m’ont-elles dit. Euh oui d’accord mais j’ai un engagement à tenir bande de petites putes ai-je répondu. Trop ? Ok, pardon, je me recentre. On dit que seuls les individus instables vont souffrir psychologiquement du confinement mais je ne suis pas certaine que ça ne fasse pas davantage de dégats. Car je ne suis pas instable moi, ça vraiment pas. Quoi ? 
 
Alors, au nom de la postérité de Maag et pour que le Covid ne nous dépossède pas en plus de notre liberté de penser (big up Florent), j’honore ma promesse et vous écris quelque chose. Un alibi vaseux de mon incapacité à surmonter plus d’une semaine de quarantaine à la campagne quand certaines familles vivent toute leur vie à dix dans moins de 30m2. Je me hais. 
 
Pourtant, il y a vraiment des aspects positifs à cette situation inédite que nous vivons tous. Et nous le savons. Je ne reviens pas sur les bienfaits écologiques et les nombreux élans de solidarité. Je parle d’autres petits détails auxquels on ne pense pas nécessairement, qu’on ne remarque presque pas mais qui vont nous sauter à la gueule quand on va retrouver le cours de nos vies. Moi du moins. Je pense au bien fou que ça fait de ne plus subir la promiscuité imposée, quand dans le métro chacun y va de son contact physique, agressif, intrusif, insoutenable. Parfois – trop souvent – criminel. Ces aisselles suintantes qui se balancent au-dessus des têtes, ces corps chauds et humides qui s’écrasent, ces haleines dégueulasses, ces voix criardes, ces bousculades. Ça ne me manque pas. Je retrouve petit à petit le confort de laisser mon corps vivre sans qu’il n’ait à se raidir. Je n’ai pas vraiment hâte non plus de retrouver le bruit, l’agitation, les voitures, les gens cons et les méchants. Surtout les méchants. Dommage pour l’humanité, le Covid préfère dégommer les vieux et les fragiles. Pendant ce temps-là les cons sont dans la rue et les méchants cherchent un moyen de mieux les arnaquer. Triste monde. 
 
Et puis, il est toujours salvateur de relativiser. Oui on est confinés, oui c’est long, c’est chiant, on veut sortir, faire la fête, voir nos amis, aller au resto, aller chez le coiffeur, regarder les pompiers faire leur jogging moulés dans des shorts rouges (j’avoue j’adore)… Mais la situation pourrait être bien pire. On pourrait être en réanimation quelque part dans un hôpital en crise ou être nés dans la peau de Sébastien Cauet. Relativiser je vous dis, that’s the key. 
 
Après, évidemment que moins de temps ça durera et mieux ça sera. Pour tout et tout le monde. Il en sera fini des blagues sur le nombre de grains de riz dans un paquet, des vidéos de femmes qui font des gâteaux et des hommes comme des singes suspendus à leur barre de traction, des pronostics de grossesses et de séparation, des chorégraphies gênantes sur Tik Tok, des facetime avec nos gueules de merde, des galères qu’on n’avait pas vu venir comme taper son code de carte bancaire avec des gants MAPA ou fermer une porte à clef avec le coude. J’arrêterais aussi de me prendre pour un personnage de série. Je regarde en ce moment The Handmaid’s Tale (chef d’œuvre btw) et je suis à ça de claquer un « Blessed Be The Fruit » à mes parents quand j’arrive au petit déjeuner le matin. 
 
Comme vous, donc, je ne vais pas bouder mon plaisir quand on va pouvoir retrouver notre vie (et déposer nos enfants à l’école). Avec un peu de veine mon inspiration se remettra au taf et je continuerai de m’amuser à vous écrire tous les mercredis. Mais pour l’instant, de grâce : RESTONS CHEZ NOUS.
 
 

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