Le métro

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Vous me trouverez quantité de défauts au fur et à mesure que Maag grandira mais, par contre, je peux me vanter d’une chose : je n’ai qu’une parole (je sais faire le trèfle avec ma langue aussi). Et comme à plusieurs reprises j’ai évoqué dans mes précédents textes l’arrivée proche d’un papier sur le métro alors, LE VOICI. 

C’est d’ailleurs l’un des sujets qui m’a demandé le plus de boulot, pour faire le tri dans les infos. Parce que quand je pense métro, c’est dans ma tête comme dans les wagons de la 13 à 19h, ça déborde, c’est dégueulasse. 

Certains viendront agiter le drapeau de l’écologie, d’autres me qualifieront peut-être d’ennemie de la société, de misanthrope ou de je ne sais quel autre nom d’animal qui court vite (elle n’est pas à la portée de tous celle-ci, je dois le dire). Mais la réalité c’est que le métro n’est qu’un petit aperçu de l’enfer. En pire. 

Et ne vous attendez pas à un happy ending, il n’y en aura pas. 

Aussi loin qu’il m’est donné de voyager dans ma mémoire, je n’ai pas en tête un trajet de métro qui s’est passé sans embuches. Comprenez par embuche (mot que personne n’utilise en vrai) situation de merde. Tout semble avoir été étudié minutieusement pour faire de nous des animaux. Et pas des biches ou des chats, non, plutôt des piranhas ou des hyènes. Genre qui fait peur, et mal aussi. 

Déjà, les autres. (Encore eux). 

Dans le métro on en croise des catégories d’humains diverses et fâcheuses. 

Comme celle qui ne sort pas du wagon pour te laisser descendre. Quand tu es au fond et que tu dis poliment (mais fort) « pardon, excusez-moi, excusez-moi je voudrais descendre, pardon-pardon » et que tout le monde gesticule un peu maladroitement sans pouvoir faire grand-chose car devant tu as souvent deux ou trois connards qui bloquent la sortie. À mon avis ils pensent, je ne vois que ça, que TOUT le wagon descend au même arrêt qu’eux. Qu’en fait on est une grande famille unie par la vie et qu’on fait tout pareil. BAH NON PUTAIN, BOUGE ! 

Dans le même registre, ceux qui montent dans le wagon alors qu’on a déjà largement défié les lois de la promiscuité. Quand l’air que tu avales sort directement de la bouche de ta voisine, que tu peux deviner à l’ingrédient près ce qu’elle a bouffé au déj, quand tu rêves de faire les points noirs de ce mec ou de lui épiler les poils de nez, quand tu passes le temps en comptant les pellicules sur les épaules du collègue d’à côté ou quand tout ton corps se crispe de ne pas avoir choisi ces contacts imposés. Alors vous qui, coûte que coûte, forcez comme des ânes pour entrer alors que le prochain métro arrive dans 3 minutes, je vous jette des sorts. 

Souvent ces gens-là sont aussi ceux qui ne se lèvent pas des strapontins à l’heure de pointe. Quand on est à peu près vingt personnes avec la joue écrasée contre la vitre. Pendant ce temps-là, eux sont posés, bien assis sur leurs fesses molles, à essayer de passer le niveau 110 sur Candy Crush. 

Et puis tu as tout le reste. 

Le manspreading, anglicisme à la mode chez les féministes pour parler d’un homme qui prend toute la place en écartant ses jambes quand il est assis, oubliant complètement que la femme à côté de lui existe et qu’elle n’est pas un hologramme. Comme s’il avait un paquet de six kilos à l’entrejambe, atteint par malchance d’un affreux éléphantiasis scrotal (n’allez pas voir sur internet. Bon si en fait, allez voir sur internet). Mais non, dommage, c’est juste un enculé. 

Les portes qui se ferment du wagon sous ton nez quand tu es déjà beaucoup trop en retard et que tu as donné ton âme et ta dignité dans cette course contre la montre. 

Les gens qui parlent fort au téléphone comme s’ils étaient sourds ou seuls. 

Ceux qui pètent. Je vais gêner tout le monde en parlant de ça mais c’est quand même un truc qu’on ne peut pas laisser passer (sens propre et figuré du coup). Il m’est parfois arrivé de vouloir mourir sur le champ plutôt que de rester une seconde de plus enfermée dans cette boite en verre avec le pet de quelqu’un d’autre. Quand tu as même l’impression qu’au-delà de l’avoir senti, tu l’as avalé. 

Quand tu arrives sur le quai, qu’il y a 12 minutes d’attente et que tu réalises que tu aurais donc mis moins de temps à faire ton trajet en déambulateur ou en monocycle. 

Les chanteurs. Oui, je suis désolée mais, s’il vous plaît, qu’on interdise aux gens de chanter dans les wagons de métro. Pour le bien de tous. C’est quoi cette idée à la con sérieusement ? Pourquoi vous venez baragouiner du Aznavour d’une voix qui déraille à 9h du mat ? Je voudrais comprendre (les Didier premier degré ne venez pas me dire que c’est pour gagner de l’argent et que je suis un monstre, ça va être lourd). J’suis pas Armande Altaï hein les gars mais n’importe qui peut vous le dire que vous chantez comme des saucisses. Pareil pour ceux qui viennent faire du rap. Non, stop, chuut, j’écoute mon podcast, ta gueule, arrête. 

Le mec avec sa trottinette. Pourquoi tu fais ça ? Je ne t’aime déjà pas beaucoup dans la rue mais dans le métro ça devient franchement ingérable. Fais un choix s’il te plait, c’est elle ou nous. Et puis ton petit sac à dos en cuir et ton casque là, c’est très pénible. 

Quand tu apprends un beau matin que l’arrêt auquel tu descends tous les jours ne sera pas desservi pendant dix mois. 

Les gens qui sont sur les voies. Voilà.

J’aurais aimé vous dire que de temps en temps pour couper avec la routine, jouir du confort et de la solitude, vous pouvez vous offrir un trajet en Uber. Il aurait fallu pour ça que leur drague des débuts, quand ils voulaient satelliser les taxis, soit encore au programme. Quand le chauffeur sortait t’ouvrir la porte, te donnait des bonbons à la menthe, de l’eau fraiche, te proposait de charger ton portable, de mettre ta musique, de te masser les pieds (ah non ?). Et qu’aujourd’hui il te regarde galérer pour mettre ta valise dans le coffre, souffle si tu oses lui demander de baisser le son et laisse sa caisse sentir un mélange de gitanes (la cigarette hein), de sueur et de malbouffe. Uber c’est comme un mec en fait. Au début ça met du parfum et ça t’emmène au resto, à la fin ça laisse trainer ses calbuts et ça commande des Grecs. Donc, prenons le métro. 

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