C’est la rentrée

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J’ai longtemps hésité avant de choisir le sujet de mon tout premier article sur maag. Ressassant toutes ces fois dans la vie où j’ai entendu « ce qui compte c’est l’introduction et la conclusion, ce que tu pourras bien dire au milieu on s’en fout les gens ne le retiendront pas ». J’en ai fait un postulat assez évident dans ma vie bien qu’en partie inconscient. Ne pas rater l’entrée et la sortie, et entre les deux ça n’a pas grande importance. Du coup, j’ai décidé de choisir avec soin mon premier et mon dernier sujet.  Au milieu, je vous raconterai tout ce qui me passe par la tête. Du léger, du moins léger, des coups de gueule (je hais cette expression pour de vrai), des éloges, des anecdotes, des conseils, des impressions… La vie dans tout ce qu’elle a de génial et de moins génial, en somme.

Commençons par la « rentrée ». Mot en sept lettres ayant élu domicile dans toutes les bouches en ce début septembre. Il empêche les enfants de dormir, fait pleurer les parents (ou l’inverse je ne sais plus), accompagne chaque photo Instagram postée au lendemain d’Août, résonne comme la mort du plaisir et le retour des emmerdes.

Un sentiment universel qui cependant peine à vivre sa vie tranquillement à cause d’une vague d’un nouveau genre : les kiffeurs de rentrée. Autrement dit, toutes celles et ceux (surtout celles j’ai remarqué) qui piétinent d’impatience à l’idée de retourner bosser. C’est cette même vague qui aime les lundis. On les reconnait à leur feed Instagram goinfré d’anglicismes pour dire que c’est trop bien parce que le weekend est fini, que se lever à 6 du mat c’est bon pour la santé et que la vie doit être vécue à 2000 km/h. Force et honneur donc à ce cru dynamique prêt à déplacer des montagnes (Lauriane si tu me lis) dont j’essaie de faire partie tant bien que mal. Parce qu’en vrai, courir dans Paris pour se rendre à douze rendez-vous par jour, retrouver mes amis les malodorants/collants/bruyants/méchants dans les wagons sales de la ratp (non je ne fais toujours pas de trottinette), se lever le matin avant le jour et laisser l’acné remplacer le hâle c’est quand même beaucoup moins sympa sur le papier que les balades en bord de mer, les soirées au rosé, le chant des oiseaux et les cheveux qui sentent la Tiaré. 

Appartient à cette communauté minoritaire mais bien déterminée un grand nombre de femmes mais de femmes sans enfants de plus de trois ans. Arrêtons là l’hypocrisie. Car avoir une descendance et aimer la rentrée c’est une équation qui n’existe pas. Et ce malgré la volonté, la rage au ventre, le « new start », les projets, le good mood, la soif de réussite, le girl power et tutti quanti. Nan. Avoir des enfants c’est partir du principe simple que chaque début d’année scolaire sera une version légèrement édulcorée de l’enfer. Avec ses différentes étapes. 

Quand ma fille Romy a quitté la maternelle pour l’élémentaire j’ai revu la lumière. Fini les petits qui chialent matin et soir (toujours les mêmes en plus), les empreintes de morsures sur le visage, les crottes de nez collées dans les cheveux (et tu n’es jamais vraiment sûre qu’elles appartiennent à ton enfant), les fuites fécales dans la salopette ou les collants en laine, les maladies du type pieds-mains-bouche (créées de toutes pièces pour faire exploser le marché de la contraception), les soixante classeurs de gommettes collées sur des feuilles blanches ou encore le nounours mascotte de la classe que tu dois adopter une semaine dans l’année pour responsabiliser ton môme (que cet ours soit recouvert de morve et qu’il ait des paquets de poils sucés ne semble déranger personne). 

C’était sans savoir que l’élémentaire avait quelques surprises cachées dans son chapeau pour continuer à bien me pourrir la vie. Hé. 

Déjà, sachez que votre enfant à 7 ans en vrai, aujourd’hui, il en a 14. Devant les copains du moins. Alors que tu commences seulement à te faire à l’idée que ta fille est un être humain décorrélé de ta personne et qu’elle respire même quand tu n’es pas dans la pièce, elle, est déjà en train de chanter Jaja en faisant des checks flingués à ses copains après t’avoir gentiment sommée de ne pas la déposer trop près de l’entrée. Et si tu oses lui faire un bisou ou lui dire je t’aime, elle se transforme en Etchebest quand y’a des rats dans la cuisine. Tu découvres l’ingratitude à son paroxysme. L’enfant d’ailleurs n’est qu’ingratitude, si on se parle sérieusement. Quand la personne qu’il vient de congédier est aussi celle qui fait des marbrés pour la kermesse et maquille les copines en papillon, fait la guerre aux poux tous les soirs à grands passages de peigne électrique, invite les copines à dormir et achète des serre-tête licornes par dizaine, organise des anniversaires dans des bowlings et perd dix ans de vie en seulement trois heures, a lu pendant deux ans des histoires d’escargots qui font la course, dû payer des séances d’hypnose pour s’enlever de la tête la chanson de la Reine des Neiges, se lève au moindre cauchemar, à la moindre poussée de fièvre, continue de croire que le « j’ai soiiiif » une fois au lit n’est pas une ruse pour retarder le coucher, vérifie à 1h du matin que le pull sur la chaise dans le noir est bien un pull sur une chaise dans le noir et non un nain méchant avec des épaulettes.

La rentrée c’est ça en vrai. Et si le rythme s’installe à nouveau rapidement, les dix premiers jours sont toujours un peu agités. Du coup, on pense aux prochaines vacances. 

3 Comments

  1. Je m’inscris sur votre site parce que votre premier article me semble prometteur et votre écriture me plaît. En plus, les gros mots ne me gènent pas, ni les jugements radicaux, s’ils sont porteurs de changements.
    Amitiés
    Gabrielle

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